La lumière était crue et proclamait sans la moindre pudeur : tous des indigents, des sans-le-sou, des pochards et des va-nu-pieds. Ils étaient une douzaine à se serrer les uns contre les autres sans s’en apercevoir, effarés d’être là, apeurés par la blancheur des murs, suffoqués par la chaleur des radiateurs poussés à fond. Pourtant, ils tremblaient encore, à l’unisson. De fatigue, de froid et de faim, la sainte trinité des sans-abri. Dehors, il s’était arrêté de neiger ; le gel s’était installé pour la nuit. Assis derrière ma table au fond de la salle, je les regardais. Mes yeux fouillaient leurs rangs serrés, reconnaissaient les signes de la misère la plus noire. Il n’y avait pas, parmi eux, de ces clochards avinés et ventripotents, gouailleurs et un brin philosophes, qui font la conscience tranquille aux bourgeois. Ceux-ci, moribonds anonymes, crevant de faim et d’ombre, étaient au stade final du désespoir, ils n’entreraient jamais dans la légende.

Les maraudeurs du SAMU Social avaient pris leur nom et leurs papiers, pour ceux qui en avaient, afin d’établir une liste qu’ils m’avaient remise avec leur chargement. Ils étaient treize en tout, certains avec des noms bien de chez nous, d’autres qu’on avait eu du mal à écrire, et puis des sobriquets : Doudouille, Momo, Petit Marc. Et un point d’interrogation pour clore la liste : celui-là n’avait pas voulu dire qui il était, ou bien il était trop saoul pour parler. S’il n’avait pas fait si froid, on l’aurait remis dehors : le centre n’abritait que les bonnes volontés. Mais ce soir, c’était différent. On était venu les chercher, c’était la dernière maraude de la camionnette et la consigne était claire : « Ramenez tous ceux que vous pourrez ». Les combattants du SAMU Social, emmitouflés, encagoulés, les avaient ramassés à leur cœur défendant, car le corps ne résistait plus guère. D’habitude, on leur demandait un peu leur avis, on négociait, on les apprivoisait et on emmenait ceux qui arrivaient encore à écouter, à croire qu’une chose pouvait être mieux qu’une autre. Ceux qui restaient fuyaient regards et paroles, s’accrochaient à leurs cartons, devenaient murs, rocs, falaises abruptes sur lesquelles les travailleurs sociaux les plus accomplis n’avaient aucune prise. Mais ce soir, même ceux-là, les ultras du bas-côté, les virtuoses de la détresse sans balise, étaient ici. Je les voyais cligner des yeux, ils auraient voulu fuir toute cette lumière, quitter cette grande salle vide. Ici, ils étaient en terrain découvert, vulnérables. Je scrutais leurs traits affaissés, la peau de leur visage brunie par une crasse épaisse qui faisait de grandes traînées noires dans leurs rides. Ils avaient tous la même gueule, un masque de disgrâce brut et sale. La réalité est une souillon sans états d’âme. Il leur avait fallu du temps, pour en arriver là. On voyait que l'érosion avait été lente, la dégradation minutieuse : gommant leur existence à petits coups précis, ils s’étaient appliqués à s’effacer de leur propre vie et s’étaient retirés dans la marge, là où les gens ne vont pas, une bouteille de Villageoise à la main pour achever de se dissoudre. Aux dernières nouvelles, ils étaient devenus des chiffres approximatifs, un sigle, une cause. Une odeur, et jamais celle de la sainteté, qui mettait  une barrière entre eux et le reste du monde. Les passants inquiets grimaçaient en les apercevant. Un pas de côté pour les éviter, un autre pour les oublier : même du pied gauche, marcher dans la misère n’a jamais porté bonheur à personne.

Ma liste à la main, je fis l’appel pour les inscrire sur le registre et essayer de tirer d’eux autre chose que des grognements ou des onomatopées qui sonnent comme des insultes pour une oreille mal tendue. Avec le temps, j’étais devenu patient, je m’entêtais doucement, parlant presque à voix basse, et je n’oubliais pas de sourire : ça leur rappelait toujours quelque chose, même au creux de la vague, quand le vin ne tient plus assez chaud et que le désespoir vous vient en déferlante. Alors, même ce soir-là, même avec eux, j’obtins des mots, une phrase ou deux, et je complétai mon registre : âge, nationalité, profession quelquefois. L’un d’eux entra en confidences, marmotta sa vie d’une voix passée qui venait de très loin ; un autre se mit à pleurer en me disant son nom et ma main trembla sous la dictée tandis qu’il s’épelait tristement devant moi. Leur souffrance me bouleversait et je n’hésitais plus, comme à mes débuts, à me laisser aller aux sentiments, que d’autres appellent encore de la sensiblerie. J’y voyais pour ma part la simple humanité d’un homme qui sait reconnaître ses semblables, même masqués en ombres. Il y avait eu un temps, pas si lointain, où j’aurais moi-même repris espoir à voir un inconnu verser sa petite larme sur mon cas, pourvu qu’elle fût sincère. Les gens croient qu’il faut garder ses distances, tenir en respect le malheur des autres pour mieux les aider. Les gens croient toujours tout savoir.

J’avais presque fini.

Il restait seulement ce numéro treize, le dernier sur ma liste. Nous étions seuls dans la pièce, lui et moi ; les surveillants étaient partis accompagner dans les dortoirs le gros de la troupe. Le treizième. Pas de nom pour celui-là. Il était demeuré planté au milieu de la salle, tout à fait immobile. Il se tenait droit, presque digne, et pourtant on l’aurait dit plus mort que vif. Dès son arrivée j’avais remarqué dans le groupe cette silhouette plus haute que les autres, et l’usure incroyable des traits de son visage m’avait frappé. Je m’étais dit, celui-ci, tu passes devant dans la rue, tu le remarques même pas tellement il a pris l’apparence des murs : gris, froid, et fissuré de partout, surtout à l’intérieur, là où ça ne se voit pas. Il n’y a plus que l’odeur, et encore : à ce stade, même cette vieille compagne finit par se faire discrète.

Seul maintenant, il m’apparaissait plus grand encore et, au lieu de l’interpeller, je continuai à le détailler, curieusement mal à l’aise. Au contraire de ceux qui l’avaient précédé ce soir-là, il ne portait pas de sac, ne serrait rien contre lui. Ses bras étaient ballants et ses mains pendaient vides le long de son corps. Vides, absolument. Ce vide me fascinait. J'avais cessé de regarder son visage : mes yeux écarquillés ne distinguaient plus que ces mains, des moignons auxquels la plupart des doigts manquait. J’avais vu, avant cela, bien des mutilations, et des blessures autrement plus écoeurantes que ne l’étaient ces amputations nettes et déjà anciennes. Pour autant mon malaise s’accrut, l’image de ces mains incomplètes remplissait tout mon champ de vision ; elles s’animaient, venaient gifler ma mémoire, s’abattaient sur mon passé, faisaient ballotter ma tête en tous sens ; j’étais ramené à l’enfance à grands coups de battoirs et je m’entendis gémir tout haut avec une voix qui n’était plus la mienne. 

Il me fallut quelques minutes pour me ressaisir et détourner enfin les yeux. Le tourbillon des images s’arrêta, la nausée s’estompa, une sueur glacée suintait sur mon front. L’homme n’avait pas bougé. Sans relever la tête, j’attrapai mon stylo et, d’une écriture d’écolier, notai sur le registre :

Nom : Verloren. Prénom : Jean. Âge : 55 ans . Profession : ébéniste.

Je traçais bien mes lettres, je m’appliquais, comme quand j’étais enfant. Ma besogne achevée, je rebouchai soigneusement mon stylo et levai les yeux pour affronter aussi froidement que possible le pochard décharné, sans âge, malpropre, tremblant de misère et de froid, qui se tenait devant moi.

J’avais retrouvé mon père.

Je regardai à nouveau le vide de ses mains : à la droite restaient le pouce et l’index. À la gauche plus rien. Huit doigts manquaient, et je savais comment, je savais pourquoi, j’osais me souvenir. Il les avait tranchés lui-même, les uns après les autres, un doigt pour chaque correction infligée à l’âge tendre. Battre son fils, c’était une sorte de tradition familiale mal assumée, entre alcoolisme héréditaire et rage caractérielle, à laquelle mon père avait sacrifié après la fuite lâche de ma mère partie avec un autre, partie sans moi, partie tout court. Huit volées, branlées, roustes, danses, tournées, dérouillées, raclées, trempes, toutes invariablement suivies des plus vifs regrets. Il s’en voulait aussitôt et, tant que le remord était chaud, me traînait avec lui dans son atelier avant d’empoigner la scie égoïne pour se couper un doigt de la main qui avait frappé : je devais être spectateur de cette punition qu’il s’infligeait au nom d’une justice qui lui était propre. Ça faisait une odeur de chair brûlée, un fumet incongru de rôti. Je me souviens de ses vêtements maculés, des murs salis. De ma propre peau, surtout, qui conserverait la trace invisible de ce sang, ce sang qu’il m’offrait sans que je lui en eusse jamais réclamé une goutte. De ses cris mal étouffés, de ce « pardon » qui lui déchirait les lèvres, lui fendait l’âme ; ce mot, toujours, au milieu de mes pleurs, mêlé à ses gémissements. Ses regrets faisaient trop de bruit, il retrouvait sa dignité et une conscience neuve au prix d’un manque de retenue dont je souffrais presque autant que des coups qui avaient déclenché cette barbarie inutile. Il se mutilait pour moi. Je ne lui en demandais pas tant ; d’ailleurs je ne lui demandais rien. Je n’aurais pas osé.

Quand il avait fini, il enveloppait sa main dans un chiffon, lampait un fond de bouteille pour se remettre d’aplomb, et nous partions tous deux à l’hôpital ; jamais je n’étais aussi proche de lui que lorsqu’il me trimballait ainsi contre sa poitrine : le nez dans son cou, à demi inconscient de douleur et de peur, je respirais l’odeur âcre de sa sueur mêlée à tout ce sang, ce parfum de folie familier comme un after-shave. Au service des urgences, nous attendions ensemble d’être pris en charge et puis nos chemins se séparaient, brièvement. Je revenais à la maison quelques jours plus tard avec plâtre et points de suture, une assistante sociale collée aux basques. Lui avait un beau bandage, des antibiotiques et de bonnes intentions qui faisaient leur effet sur les redresseurs de tort. L’assistante repartait et la parenthèse se refermait, pour être ouverte à nouveau quelque temps après. La même scène se rejouait alors. Même contexte, même décor, mêmes acteurs, un peu diminués cependant. On n’était plus très loin de s’installer dans la routine.

Je savais que j’étais un enfant battu : les gifles des autres parents ne laissaient pas, sur mes camarades d’école, les mêmes marques ; ils en parlaient en matamores comme de réponses lâches à leurs courageuses résistances. Dans nos conversations, mon père à moi ne me touchait jamais. En revanche, mes prétendues chutes dans les escaliers m’avaient valu tant de séjours à l’hôpital qu’ils parlaient de se cotiser pour faire installer un ascenseur dans notre immeuble… J’étais naïf et tendre, je trouvais mal d’accuser un homme qui vous est tout au monde. Mais surtout, j’avais toujours l’espoir de lui découvrir de bonnes raisons de s’en prendre ainsi à moi. J’étais mort si souvent de n’en trouver aucune. Comment vivre après cela ?

Il perdit rapidement son travail : un ébéniste qui n’a pas l’usage de ses mains n’est utile à personne. Alors, le naturel reprenant le dessus, il me frappait, comme l’avait frappé son père, et puis il regrettait, comme lui seul savait le faire : une scie à la main. Pour finir, il vendit tout ce qu’il avait, scie comprise. Et puis, un soir qu’il n’avait plus rien à boire, plus rien à perdre, la neuvième volée tomba, magistrale. Les pieds firent ce que les mains n’étaient plus à même d’accomplir, il prit son temps, il fignola, oeuvrant en maître. Son ouvrage achevé, il me tourna le dos et me laissa sur le carreau. Je n’existais plus. Il était parti, à son tour. Ce jour-là, pour la première fois, je lui en ai voulu : je me suis retrouvé seul aux urgences. Et, je l’ai entendu autour de moi : à deux doigts d’y passer.

Trente ans après, coup de théâtre, l’auteur de mes jours, ce grand homme aux pouvoirs absurdes, resurgissait à la faveur hasardeuse de mes tours de garde nocturnes au centre d’hébergement.

Drôle de face à face.

Après toutes ces années, je contemplais, incrédule, ce père disparu que j’avais cru ne jamais revoir : une pauvre cloche malpropre au regard vague, que la seule évocation du lendemain pouvait suffire à terroriser. Un cas désespéré.

Je m’éclaircis la voix. Il ne bougea, une pierre. J’appelai enfin : « Jean Verloren ».

Le long corps devant moi tressaillit : quelque chose remuait à l’intérieur, derrière la vitre mate des yeux. Ses paupières boursouflées tombèrent et se relevèrent plusieurs fois, très vite. Il regardait. Pour la première fois depuis dieu sait quand, il regardait au lieu de voir et il en suffoquait. Sous son manteau alourdi de crasse, sous les couches de journaux et de sueur, sous les ulcères et les plaies, sa poitrine se soulevait, gémissait sa surprise. Il frissonnait encore, ce n’était plus de froid : il venait d’entendre un nom, deux mots dans lesquels il savait mettre quelqu’un, une personne qu’il avait bien connue et qu’il avait tout fait pour oublier, comme toutes les têtes mortes de la rue.

J’assistai à sa renaissance, fasciné : Lazare sortant du tombeau dans un élan de douleur et de rage. Il agitait ses membres, ses mains mutilées battaient l’air épais, il secouait la tête, et sa bouche grande ouverte exhibait de noirs chicots ; son bonnet était tombé, découvrant son crâne tavelé. Je contemplais ce clown lamentable faire son numéro indécent, je regardais mon père s’extirper de l’oubli dans une souffrance que, cette fois, je me refusais à partager. D’une voix affreusement éraillée, le pantin s’adressa à moi : « Non, j’veux pas, faut m’laisser, j’veux partir, faut m’laisser… »

J’interrompis sa litanie : « Papa, c’est moi. »

Papa. Ô, l’étrange sonorité de ce mot ! Je croyais qu’il n’avait plus cours, pensais l’avoir aboli, et voilà qu’il circulait à nouveau, de ma tête à ma bouche, de mon cœur à mes lèvres.

Sur lui aussi ce mot produisit son effet : une lueur vague se mit à flotter dans ses yeux. Il cessa de psalmodier et me dévisagea. Sa bouche était restée ouverte, un peu de salive coulait sur son menton. Il m’écoutait.

« Tu m’as donné un doigt pour chacune des fois où tu m’as bien battu, Papa : un doigt pour deux bras cassés ; un doigt pour une arcade fendue ; un doigt pour des côtes brisées…huit doigts pour toutes les fois où tu t’es dépassé… »

Un long gémissement interrompit mon réquisitoire. Il était tombé à genoux. Il sanglotait en grimaçant, ses larmes se perdaient dans sa barbe et malgré moi, je sentis monter la pitié, indésirable ; j’essayai de la refouler, refusant d’y céder.  Pas cette fois.  J’y parvins mal, ma voix chevrotait, mais je poursuivis :

 « Pour la neuvième volée, Papa, tu t’es surpassé. Alors, pour celle-là, qu’est-ce que tu me donnes ? »

Je parlais fort et distinctement, simulant l’assurance cynique de ceux qui ont toutes les cartes en mains, et lui secouait la tête, cette pauvre tête sale et vide et brinquebalante. Je l’entendis bredouiller, il répétait un mot, je devinai lequel, c’était tellement facile : il essayait encore de me demander pardon. Mal à l’aise dans mon rôle de bourreau, je le laissai faire pendant quelques instants, écoutant sa supplique monotone, le cœur en miettes mais le visage impassible.

« Pardon, pardon, pardon… » 

Je fermai les yeux et rien n’avait changé, le ton était le même, comme si j’y étais encore. Je ne m’étais pas rendu compte que j’avais si peu grandi.

« Pardon… »

Je collai mes mains sur mes oreilles, je ne pouvais pas entendre ça, plus maintenant. Il était bien trop tard pour demander pardon. J’en avais appris des choses, en trente ans : il fallait savoir laisser ses cadavres au vestiaire, les enfermer à double tour. Venez seul, venez nu. J’avais survécu à mon enfance dont tout était bon à oublier, fait mon deuil d’une adolescence délinquante, enterré ces années dans la rue à traîner la misère, toujours pire que les autres, tout ça à cause de lui. Mon accession à la vie avait été lente et pénible. Je ne m’en étais sorti qu’en reniant mes gènes, pour bannir la violence tapie en moi et accepter ce qu’il avait fait de moi. Ce ménage fait, mes souvenirs me prenaient peu de place : ils remplissaient à peine un sac poubelle, et je ne laissais plus, désormais, affluer le passé que pour aider les autres que le ciel n’aide pas. C’était devenu mon credo : les derniers seront les premiers.

Et maintenant ça vaut pour toi, Papa, même si tu es le dernier de tous. Alors oublie ma question, et tais-toi.

« Pardon, pardon… »

Qu’il se taise.

Je contins à grand peine l’envie cruelle de cracher à la gueule de ce poivrot infect qui se traînait devant moi, de l’injurier : larve humaine, lie de la société, tu mérites ton sort, va, crève, retourne d’où tu viens, pourriture, charogne. Les mots de la rue me revenaient comme une langue maternelle, ils avaient un goût de vinasse et de mort prochaine. À l’instant de les prononcer, grimaçant d’une haine dont je me croyais devenu incapable, je vis enfin s’agiter devant moi le moignon de sa main droite tandis qu’il marmonnait encore le pardon qui m’avait fait sortir de mes gonds. Le pouce et l’index. Je compris enfin son geste et ma fureur s’évanouit.

Il me les offrait. Deux doigts. Tout ce qui lui restait.

Je refermai le registre, m’éloignai de la table. Mon père, effondré devant moi, gémissait tout bas. Pauvre homme si loin de tout, presque mort d’usure à force de regrets, pauvre homme qui n’avait pas changé, qui n’en finirait jamais d’oublier...

« Pardonne-moi », entendis-je encore.

Je me rapprochai de lui et me penchai, saisis la main qu’il continuait de me tendre et la serrai entre les miennes. Il releva la tête. Était-ce de l’espoir que je lisais dans son regard ? Il attendait, je n’avais qu’à ouvrir les bras. Une seconde s’écoula, son visage tout près du mien, presque front contre front.

Je lâchai sa main. Le passé était mort, qu’on se le dise. Toute humanité mise à part.

Tandis qu’il se redressait, à nouveau secoué de sanglots, j’attrapai une couverture et la lui tendis, puis, tout en manoeuvrant mon fauteuil roulant, je lui expliquai d’une voix calme le fonctionnement du centre.

Sans oublier de sourire.

Têtes mortes © Emmanuelle Urien, 2003



TÊTES MORTES